Ce qu'ils pensent d'elle ...

Publié le par TOTALLY HARDY

Grâce à l'article de Sophie Delassin du Nouvel Observateur, voici ce que pensent 9 des duettistes sur Françoise Hardy.

 

Hélène Grimaud  «Une voix qui captive»
« Ce que j'aime chez Françoise Hardy, c'est d'abord une voix. Une voix qui a le privilège de se poser. Une voix effilée : ni fluette ni fragile. Une voix qui captive l'attention et souligne la singularité de sa personne. On pressent chez elle une souffrance issue d'un passé surmonté - un passé qui, au lieu de créer et d'épaissir la gêne dans la conversation, provoque l'affection. Belle, entière, insolite, je l'ai admirée dès notre première rencontre. Françoise a l'élégance de ne porter aucun masque, de rejeter les faux-semblants, de refuser le pseudo et le simili. «La Valse des regrets»a la particularité d'être à la croisée de nos univers respectifs : une valse de Brahms devenue une chanson à part entière, dans la tradition de ce que Gainsbourg avait déjà fait avec le même Brahms, qui aimait tant les «rythmes naïfs» chers à Rimbaud. »

Alain Bashung  «Un timbre inimitable»
« Cette chanson, «Que reste-t-il de nos amours ?», est intéressante car elle prend un sens différent selon l'âge que l'on a. Elle force au bilan de nos amours, mais aussi de nos engagements, de nos espoirs, de nos rêves... Il y a quelques années, j'avais proposé à Françoise Hardy de la chanter avec moi lors d'une émission de télévision. Ça ne s'était pas fait, mon voeu ne se réalise qu'aujourd'hui. En studio, nous avons chanté en direct. Elle avait peur, elle disait douter de sa voix. Mais cette voix est la plus belle des choses, elle a un timbre inimitable. On ne l'acquiert pas, c'est un cadeau du ciel qu'elle a reçu, au même titre que Nina Simone ou Marianne Faithfull. Ses chansons traitent de sujets - la mélancolie en particulier - qui appellent de belles phrases. Elles semblent légères en surface, mais au fond elles sont brûlantes. C'est que Françoise a compris depuis longtemps le fonctionnement d'une sorte de pudeur. En studio, en la regardant,je me disais qu'elle était vraiment une grande dame. »

Alain Souchon  «Le chic absolu»
« A la différence des politiques qui s'entre-tuent, nous autres chanteurs nous nous aimons bien, nous avons plaisir à chanter ensemble, à entendre nos voix se mélanger. En l'occurrence celle de Françoise Hardy et la mienne se mélangent sur «Soleil», une chanson évoquant l'amour qui ne marche pas toujours très bien, au son d'une mélodie qui entre dans votre tête pour ne plus en sortir. Elle et moi sommes admiratifs l'un de l'autre, nous avons des sources d'inspiration communes : Bob Dylan, Mick Jagger, les Beatles. En musique classique, c'est différent. Je préfère les baroques, elle préfère les romantiques. Sinon Françoise, c'est le chic absolu, sans mépris. Ce chic qu'on retrouve dans sa voix. Cette artiste-là a un foulard Hermès dans la gorge. »

Arthur H  «Elle a su rester moderne»
« Au moment de sa sortie, j'ai envoyé mon dernier album «Adieu tristesse» à Françoise Hardy avec un mot pour lui dire combien ses chansons me touchaient. Je me proposais de lui en écrire. Je suis fou de sa voix, de son phrasé unique, très précis et extrêmement musical. Son oeuvre est d'une tenue remarquable, et n'est que le juste reflet de sa personnalité. Aussi, elle a su rester neuve et moderne. Quand Françoise m'a proposé de chanter «les Sédiments» en duo avec elle, j'ai tout de suite aimé cette chanson : sa mélodie, son atmosphère, son texte énigmatique. Je n'étais pas rassuré en arrivant au studio. J'ai découvert qu'elle non plus parce qu'elle doute énormément desa voix. C'est étonnant parce qu'elle a uneparfaite maîtrise du phrasé, du timbre et du sentiment. »

Maurane  «Tout sauf superficielle»
« Je suis allée rencontrer Françoise Hardy il y a quelques années, chez elle, dans l'espoir de la convaincre de m'écrire un texte. J'ai tout de suite apprécié la compagnie de cette femme, qui est tout sauf superficielle. Nous sommes devenues amies, même s'il peut arriver que la vie nous sépare pendant un ou deux ans. Nous sommes très différentes : elle est plongée dans la nostalgie (quand même ponctuée de grands éclats de rire !), je mène une vie de fêtarde. Vocalement, ce que nous avons en commun n'a rien à voir avec le volume sonore. Nous nous retrouvons sur le terrain de la fragilité, des grands sentiments et de l'hypersensibilité. Il se semble que ces choses-là s'entendent dans la voix. A l'origine, Françoise a écrit «la Rue du babouin» à la demande de Michel Fugain, qui en a composé la musique. Il se trouve que j'ai assisté à sa création chez lui en Corse, sans savoir qu'un jour j'interpréterais cette chanson ambiguë, à la fois mélancolique et coquine. »

Benjamin Biolay «Une diction parfaite»
« Ma maison de disques avait envoyé mon premier album à Françoise Hardy. Elle avait aimé, nous nous sommes rencontrés. Nous nous sommes découvert des points communs : l'humour noir, une manière très esthétique de concevoir les chansons et des sources d'inspiration comme les Beatles ou Bob Dylan. La chanson qu'elle m'a proposé d'enregistrer en duo, «Des lendemains qui chantent», je me souviens de l'avoir écrite le lendemain du 21 avril 2002, après le carnage du premier tour de l'élection présidentielle. Elle a figuré sur mon album «Négatif» avec Chiara Mastroianni. Françoise a souhaité que nous la reprenions. En studio, nous avons tenté pas mal d'orchestrations différentes avant d'arriver à cette version. Concernant le chant, sa voix a cette faculté de se poser naturellement et avec une élégance qui n'a rien de bourgeois, d'être à la fois surannée et moderne. Surtout, et c'est rare, sa diction est parfaite. »

Ben Christophers  «La séduction même»
« Il y a environ deux ans, j'ai décidé d'écrire à Françoise Hardy, dont je suis un fervent admirateur. Je savais qu'elle aimait ma musique. J'ai passé trois mois à écrire cette lettre, tant j'avais peur de paraître stupide. Elle m'a répondu une première fois, ensuite de nombreux échanges épistolaires nous ont conduits à décider d'écrire une chanson ensemble, «la Folie ordinaire». Curieusement, nous ne nous sommes jamais vus avant d'entrer en studio à Paris pour enregistrer en duo «My Beautiful Demon», qui était sur mon premier album. Au studio, c'était très particulier : Françoise est arrivée, a posé son manteau puis nous nous sommes tout de suite mis au travail. Quelques minutes plus tard, c'était fini. Ce que j'aime surtout chez elle, c'est sa voix, qui est la séduction même. Mais je sais qu'elle ne partage pas cette opinion. »

Henri Salvador  «Fier qu'elle me chante»
« J'avais repéré Françoise Hardy quand elle était encore élève au Petit Conservatoire de Mireille. Je voulais la signer sur mon label qui s'appelait Rigolo, malheureusement elle était déjà engagée ailleurs. Vous reconnaîtrez que j'avais eu du flair ! La mélodie du «Fou de la reine» a dormi dans mes tiroirs jusqu'au jour où j'ai eu l'idée de demander à Françoise d'écrire des paroles. Qu'elle accepte ne me suffisait pas, je voulais la chanter en duo avec elle. Elle m'a fait ce cadeau dont je suis fier, parce que pour moi elle incarne la classe. J'aime sa voix délicieusement féminine, sa rigueur et le bon goût qui la pousse à ne chanter que de jolies choses. Je sais qu'elle considère sa voix comme une faiblesse. Elle a tort. Mais alors, si je peux me permettre, qu'est-ce qu'elle peut pinailler ! »

Julio Iglesias  «On croit tout ce qu'elle dit»
« Quand Françoise Hardy m'a écrit pour me demander de chanter «Partir quand même» en duo avec elle, j'ai accepté tout de suite. Cette chanson d'amour désespéré ne pouvait que me toucher. En studio, j'ai enregistré ma partie avec sa voix dans le casque. Cette voix, qui est de velours, m'a porté tout au long de la séance. Elle est à son image : un mélange de fragilité et de sensualité, de mystère et de discrétion. Ce qu'il y a d'exceptionnel, c'est qu'on croit tout ce qu'elle dit tant son interprétation est juste et profonde. Françoise, pour moi, c'est la classe en personne. »

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