"A chaque chanson, j'ai peur que ce soit la dernière... "

Publié le par Vincent VIOLLET


Quinze ans après avoir dit qu'elle arrêtait sa carrière de chanteuse, quatre ans après "Clair Obscur" (un album pour moitié de reprise), Françoise Hardy revient avec un nouvel album totalement inédit intitulé "Tant de belles choses". Pour cet album, elle s'est entourée de jeunes compositeurs qu'elle affectionne aussi bien français qu'anglo-saxons et notamment d'Alain Lubrano qui avait déjà contribué aux deux précédents. Françoise Hardy nous parle de ses peurs liées à la création musicale.


 


La chanson intitulée « Tant de Belles choses » évoque la mort de quelqu'un, peut-être la vôtre. Qu'est-ce qui vous a inspiré cette chanson ?
À mon âge, il y a forcément des sonnettes d'alarme qui rendent conscient du chagrin que l'on peut faire aux gens qui nous aiment en étant malade ou en disparaissant. Je m'intéresse à la spiritualité depuis longtemps, c'est donc une façon d'exprimer ma foi en un au-delà. La chanson s'adresse à une personne qu'on aime et qui vous aime, ce peut être un enfant, un ami, un amour, un parent...

Vous travaillez depuis quelques années avec le compositeur Alain Lubrano. Pourriez-vous parler un peu de lui ?
Nous nous connaissons très bien et nous nous apprécions. Alain est très intègre, mais notre différence d'âge fait que nous ne sommes pas d'accord sur tout. Comme nous sommes aussi entiers l'un que l'autre, nous avons parfois des rapports difficiles.

On ressent à travers tout l'album une impression de nostalgie. Est-ce que vous vous considérez comme nostalgique ?
Parlons plutôt de mélancolie, de romantisme, de sentimentalité qui sont les sources d'inspiration de la plupart des chansons en général, des miennes en particulier.

Dans les années 1980, vous aviez annoncé votre départ. Remonterez-vous sur scène un jour ?
Un PDG de maison de disques m'a proposé de me signer sans obligation de la promo télévisée qui me pose problème. On ne fait bien que ce que l'on fait tout le temps. J'ai arrêté la scène il y a des décennies et il n'est pas envisageable que je la reprenne aujourd'hui.

Avez-vous peur parfois de perdre votre inspiration ?
À chaque chanson, j'ai peur que ce soit la dernière...

Propos recueillis par Louis-Paul Astraud

Publié dans INTERVIEWS

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