«Faire durer le succès est difficile», La Dépêche

Publié le par TOTALLY HARDY

Photo DR Jean-Marie Périer


Discrète et rare, Françoise Hardy demeure depuis son apparition sur la scène musicale dans les années 1960 une icône. Mais la réalité n'est pas toujours aussi belle qu'elle le paraît. La chanteuse se livre sans fausse pudeur avec élégance et lucidité







LA DÉPÊCHE DU DIMANCHE : A quelles difficultés un jeune d'aujourd'hui qui veut se lancer dans la chanson est-il confronté ?

Françoise HARDY : On voit bien que ceux qui émergent sont « différents ». Le hic, c'est qu'ils le sont naturellement, sans avoir cherché à l'être. Si on cherche à se démarquer, ce n'est pas intéressant car pas authentique.


DDD : Vous parlez de « cage dorée » dela chanson et de la célébrité. Est-il si difficile de les assumer et de faire durer le succès ?

F.H. : La célébrité coupe des réalités car tout le monde traite le chanteur à succès comme un roi, le flatte, lui ment, est à ses petits soins. Tout cela développe l'égoïsme et l'égocentrisme. Faire durer le succès est une autre affaire : cela requiert intelligence, exigence et talent.


DDD : Avez-vous vu l'exposition consacrée à Gainsbourg ? Le connaissant comme vous le connaissez croyez-vous qu'il aurait aimé ce grand hommage posthume ?

F.H. : Je suis trop fatiguée et occupée pour aller à des expositions quelles qu'elles soient. Serge était sensible à la reconnaissance du public et je crois qu'un tel hommage ne lui aurait pas déplu. Son talent confinait au génie, il est une référence artistique majeure de la chanson et le sera éternellement. Comme Brassens.


DDD : Vous évoquez la mort de votre maman, vous vous déclarez favorable à l'euthanasie. Pourquoi avoir attendu ce livre pour vous exprimer à ce sujet ?

F.H. : Je ne pouvais passer sous silence la mort de ma mère et cela m'amenait tout naturellement à dire ce que je pense de l'euthanasie. Si on m'avait demandé ma signature à ce propos, je l'aurais donnée sans hésiter. En dehors de ça, je signe rarement des pétitions car je me méfie autant de la manipulation que de la récupération politiques. Je n'ai absolument pas réfléchi au fait de parler ou non de l'euthanasie : je suis pour depuis plus d'une quarantaine d'années et c'était la première occasion qui m'était donnée de le dire.


DDD : Vous évoquez également le couple avec ses aléas que vous formez avec Jacques Dutronc ?

F.H. : Tout couple est un engrenage névrotique et j'ai juste tenté de démonter quelque peu ce qui fondait le mien. À chacun sa névrose et son couple !


DDD : Et vos dimanches ?

F.H. : C'est le jour des lessives. Entre deux paniers de linge, je regarde l'émission de Ruquier que j'enregistre systématiquement la veille ou le Vivement dimanche de Drucker quand l'invité m'intéresse. Le dimanche est aussi le jour où je suis facile à joindre et où je peux avoir de longues conversations téléphoniques avec mes deux meilleures amies, Léna et Dominique.

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