Une vie en Clair-Obscur, par Michel Troadec

Publié le par Vincent VIOLLET

UNE VIE EN CLAIR-OBSCUR

Auriez-vous changé, Françoise, comme le suggère votre nouvel album ? Auriez-vous changé parce que vous n’êtes plus amoureuse ? N’écrirez-vous plus jamais ces douloureuses complaintes, nées de vos éternels chagrins, qui ont fait de vous l’une des plus grandes et la plus belle des romantiques de ces quarante dernières années ? Parce que votre chant, Françoise. Parce que vos mots. Parce que ces mélodies si bien choisies. Vous le savez, même si vous pensez que ça n’a pas d’importance, vous avez séduit deux générations de jeunes gens de France, d’Angleterre, d’ailleurs, qu’ils soient d’anonymes fans, de prestigieux artistes, de talentueux musiciens. Et aujourd’hui, il y a plus d’une jeune femme – et plus d’un jeune homme – qui chantent dans votre registre, les tourments amoureux. Non... Vous n’avez pas changé, Françoise.

Qui vient comme vous des années 60, qui reste aussi grande, sans avoir rien cédé ou presque et, surtout, sans jamais avoir fait appel à cette satanée nostalgie ? Car vous le savez, vous qui avez été une icône de grands couturiers, que les modes ne sont pas faites pour durer et que seul l’essentiel demeure. Vous n’avez pas changé, Françoise. De la vie, vous avez aimé aimer, même si vos amours étaient toujours en cavale. Vous avez aimé les musiques qui inspiraient vos sentiments. Vous avez aimé en faire des chansons. Et, Dieu merci, vous aimez toujours. Vous n’avez pas changé, Françoise.

Depuis votre premier disque, vous avez été incapable de penser carrière. Plusieurs fois, vous avez voulu arrêter de chanter. Le jeu de la promotion télé non seulement ne vous a jamais amusée, mais vous semblait tellement dérisoire... Vous avez aussi pensé arrêter d’écrire, quand vous ne trouviez plus de belles mélodies. Ah, les mélodies… Quelle chanteuse est, autant que vous, obsédée par les mélodies ? « Les mélodies et les guitares planantes », selon vos propres termes. Des guitares que vous avez parfois voulues rock quand vos mots avaient besoin de hargne. Vous vous rappelez l’album Le Danger, cet abîme de spleen ? Vous n’avez pas changé, Françoise.

Solitaire voire austère, sincère voire naïve. Avec toujours ce rire qui illumine votre visage et qui change tout. Bien sûr que vous n’êtes pas seulement mélancolique. La mélancolie n’a-t-elle pas besoin qu’on l’oublie un peu pour mieux revenir se refléter au fond des yeux ? Vous n’avez pas changé, Françoise. Vous chanterez l’amour jusqu’à votre dernier souffle, sans doute. Moins, mais encore. Si vous n’êtes plus amoureuse, vous irez chercher dans vos rêves. Votre nouvel album, Tant de belles choses, le laisse entendre : « Un pianiste inspiré / Joue mes airs préférés / Allez-vous bâiller d’ennui / Ou prendre ma main ? / Les reflets irisés / Des lumières tamisées / Vous donnent / C’est inouï / Vingt années de moins... »

par
Michel Troadec


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http://www.chorus-chanson.fr/HOME2/NUMERO50/dossierHardy50.htm

Publié dans totally-hardy

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